Présentation

Avant la naissance des Cahiers au printemps 1974, existait, depuis 1965, le Bulletin du Groupe d’Études C. G. Jung de Paris. Le numéro 34 de janvier 1974 annonçait la cessation de sa parution et la naissance d’une revue, les Cahiers de psychologie jungienne, présentée comme « l’œuvre commune des différentes sociétés jungiennes de Paris et de province ». « Cette revue trouve son unité dans la référence à l’œuvre de Jung ­son faire et son dire­ et sa diversité dans les multiples façons de l’entendre et de la poursuivre. » Elle vise également à relier « le public français aux mouvements jungiens des pays étrangers. » Le premier numéro sortira en mai 1974. L’éditorial présente le Groupe d’Études, le Groupe de recherche de psychologie analytique, la Société française de psychologie analytique et son Institut de formation des analystes ; il expose en quelques pages ce qu’est la psychologie jungienne.

Le succès est au rendez-vous : dès la fin de l’année 1974 les Cahiers comptent 400 abonnés. En 1979, ils louent un local à Paris. De cette période datent les débuts d’une diffusion par dépôts dans les librairies parisiennes et en 1988, dans les librairies de province. En 2005, la décision est prise de confier la diffusion auprès des librairies tant en France qu’à l’étranger au distributeur Pollen Diffusion -Difpop.

Les Cahiers se sont constitués en association et ont déposé leurs premiers statuts en janvier 1981.

En 1987, avec le numéro 52 « Le poids de l’ombre », la revue change de titre. Elle s’appellera désormais Cahiers jungiens de psychanalyse. L’équipe de rédaction justifie ce choix par « la conviction que la psychanalyse est une des voies actuelles de l’individuation. Le mot “psychanalyse” indique la double démarche pratiquée : analyse de l’inconscient personnel et celle des processus collectifs à l’œuvre en chaque individu, qui fait du soi “une réalité vivante” ».

La grande diversité des thèmes choisis, qui continuent à donner à chaque numéro son unité s’ouvre aussi à la collaboration d’auteurs non-analystes, venus d’autres disciplines qui apportent aux Cahiers ce vocabulaire et ces points de vue différents, avec lesquels Jung a toujours ressenti le besoin de se confronter comme il l’a fait dans les conférences organisées à Éranos.

À partir du numéro 76 « Psyché/soma, une expérience du soi » au printemps 1993, les nouveaux Cahiers, agrandis et amplifiés, se dotent d’un Bloc-notes qui remplace les anciens comptes rendus, en s’ouvrant à la critique de films, de pièces de théâtre, d’expositions, etc. En 1997, dans le numéro 88 « Lumières de la nature », la nouvelle rubrique de la Revue des revues présente aux lecteurs les principales revues jungiennes publiées à l’étranger ainsi que celles de diverses écoles psychanalytiques.

En 1994, avec le numéro 79 « Les chemins de l’œuvre », les Cahiers fêtent leurs 20 ans. Il y est fait état des échanges autour des « Enjeux de la théorie jungienne » dans le champ de l’analyse et de la culture.

La même année, l’association développe une nouvelle activité. Désireuse de rendre hommage à Élie G. Humbert décédé en 1990, elle publie un recueil de six conférences données entre 1983 et 1985 sous le titre La Dimension d’aimer (ouvrage qui sera réédité en 2000 puis en 2014 en collaboration avec les Éditions Le Martin-Pêcheur).

La collection « Confrontation » était née. Plusieurs titres l’ont enrichie depuis :

  • En 2002, paraît Femmes autour de Jung de Nadia Neri qui dresse un portrait des femmes qui ont gravité autour de Jung.
  • En 2004, est publié un premier livre illustré consacré à la clinique d’enfant, Maria et le thérapeute, écrit à plusieurs mains.
  • Alors qu’en 2000, un hors-série Index des Cahiers jungiens de psychanalyse 1974-1999 comportant titres, auteurs, mots-clés cités et résumés des six cents articles recensés avait vu le jour, sort en 2004 l’ouvrage très documenté de Juliette Vieljeux, Jung, Catalogue des Écrits où est recensée une importante documentation bibliographique des traductions des œuvres de Jung dans une dizaine de langues mises en correspondance avec l’ouvrage de référence que sont les Gesammelte Werke.
  • En 2005, en partenariat avec la Halle Saint Pierre, les Cahiers jungiens de psychanalyse participent à l’édition illustrée des Images de l’inconscient, de la psychiatre brésilienne Nise da Silveira.

En 2001, la revue s’organise autour d’un rédacteur en chef, entouré d’une équipe d’une douzaine de collaborateurs qui œuvrent au sein du Comité de rédaction à la composition de chaque Cahier. Dès le début de cette aventure, de nombreux psychanalystes membres de la Société française de psychologie analytique ont contribué à la vitalité des Cahiers, tant par leur présence au Bureau de l’association qu’au comité de rédaction. Ces psychanalystes ont aussi écrit de nombreux articles qui ont fait la renommée de notre revue.   C’est aussi en 2001 que les Cahiers se sont mis à l’heure d’Internet en créant leur propre site avec une facilité offerte en 2005 aux lecteurs de s’abonner ou de commander des numéros. En 2009, la revue devient semestrielle. À l’occasion de la publication du Livre Rouge de C. G. Jung en 2011, en France, trois numéros des Cahiers seront consacrés à cet évènement majeur : le numéro 134 « Le livre Rouge » de septembre 2011, suivi du numéro 135 « La Créativité de l’inconscient » en juin 2012 et du numéro 136 « Tours et détours de la création » en novembre 2012. Cette « trilogie » qui a réuni de passionnantes contributions a rencontré un grand succès de diffusion. En 2013, notre collaboration avec la plateforme internationale CAIRN INFO élargit notre diffusion. Elle permet à nos auteurs d’être lus dans le monde entier par les chercheurs et les étudiants intéressés par la pensée jungienne et ses développements contemporains et à nos lecteurs d’accéder à des articles anciens et récents, à la demande.

Le Centre National du Livre, notre partenaire depuis de longues années, nous témoigne sa confiance et nous accompagne en nous attribuant une subvention annuelle

Les Cahiers jungiens de psychanalyse ont fêté leur 40ème anniversaire en 2014, avec le numéro 139 « Sons et images », accompagné d’un CD. En 2019, c’est le numéro 150 « Images, représentations et mondes virtuels » qui a marqué notre 45ème anniversaire. Cette exceptionnelle longévité est le fruit de l’ouverture des Cahiers sur le monde contemporain, en lien avec la modernité de l’œuvre de C. G. Jung dont les nombreux développements prennent tout leur sens à travers les questions brûlantes posées par une actualité riche et souvent préoccupante.

Les numéros récents de  2018 et 2019 : « Liberté et dépendances », « Corps et âme », « Fem/Hom/mes » témoignent de ces articulations. Le numéro du printemps 2020 « Souviens-toi de ton futur » s’inscrit dans un lien de synchronicité avec l’actualité d’un monde bouleversé par la pandémie de la Covid 19. Les préoccupations qui en découlent continueront de se déployer dans le numéro de la fin de l’année 2020 : « Nature(s), vivre la terre ».