Propos sur Antigone

par Martine Drahon-Gallard  Du même auteur

Si Antigone est bien une « fille du père », peut-on dire que c’est une fille œdipienne au sens que lui donne la psychanalyse ? Marquée par le destin tragique de sa famille, vouée à son père mort, elle se dresse dans une position de Vérité qui défie la relativité des lois humaines. Elle affronte Créon sur le terrain de la Loi qu’il représente. Elle refuse la dialectique des oppositions et se présente comme possédée par l’archétype. Elle est déliée de la nécessaire contrainte de son corps et n’a pas accédé à une position sexuée adulte. C’est un être de parole et non d’enracinement dans le temps, ce qui exige des solutions singulières. La souffrance que ces paroles réveillent en chacun nous parle de notre destin et de celui de l’humanité.


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