L’image chez Bachelard et chez Jung : l’archétype est-il « poétisable » ?

par S. Rosenberg  Du même auteur

Bachelard et Jung valorisent tous deux l’imagination, soulignant la profondeur de son rôle figuratif, et plus encore son énergie humanisante. Cependant, la finalité qui oriente leur pensée, esthétique chez Bachelard, thérapeutique chez Jung, distingue l’image bachelardienne de l’archétype jungien. Dans son effort pour s’arracher à la Grande Mère, Bachelard exalte la liberté poétique en insistant sur l’autonomie de l’image, pour lui commencement absolu. Jung au contraire souligne la continuité entre l’instinct et l’archétype : celui-ci, en lui-même forme vide, joue à travers le contrôle des pulsions le rôle d’organisateur psychique. Alors que Bachelard expérimente l’alternance de l’image maternelle et du logos, Jung articule ces deux fonctions en une confrontation d’opposés qui se résout dans l’archétype de la conjonction.


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