Hommage à Claire Dorly

(1946 – 2021)

par Karen Hainsworth  Du même auteur

Claire Dorly s’en est allée, et nous perdons en elle une collègue et une amie.

Passionnée par la lecture de Jung, elle s’était littéralement engagée dans l’analyse jungienne, n’ayant de cesse d’approfondir, de développer et de partager avec ses collègues, ses analysants et ses amis.

Engagée, elle l’était en tout. Au sein de la SFPA, où elle a enseigné et formé de jeunes analystes pendant de nombreuses années, mais aussi au Comité d’éthique à la création duquel elle a participé, et encore aux Cahiers jungiens de psychanalyse auxquels elle a très longtemps collaboré, tant au Comité de rédaction dont elle a été présidente, que dans ses publications.

Elle aimait rencontrer et échanger avec d’autres. Elle a longtemps fait partie du Séminaire anglo-franco-belge, ainsi que du Séminaire franco-italien, pendant lesquels, au plaisir du partage s’ajoutait le plaisir de découvrir d’autres cultures, d’autres façons de débattre et de réfléchir ensemble, de développer de nouveaux liens dans ces moments conviviaux qu’elle appréciait beaucoup.

Chanteuse lyrique passionnée, elle écoutait sans cesse de la musique. Elle chantait depuis l’adolescence et n’hésitait pas à le faire pour ses amis, dès que l’occasion s’en présentait. Quelques-uns d’entre vous ont peut-être eu l’agréable surprise de l’entendre chanter lors de certaines rencontres. Ces dernières années, lorsqu’elle a eu des difficultés à se déplacer, elle a rassemblé autour d’elle un très joli chœur de femmes.

Quand on la rencontrait, on remarquait son calme, sa discrétion, son regard attentif, son sourire patient et sa rigueur. Oui, elle était sérieuse et réfléchie, mais pour ceux qui se donnaient la peine de passer la barrière de sa réserve, elle était une amie fidèle, gaie et généreuse.