In Memoriam

par Martine Gallard  Du même auteur

Luigi Aurigemma est décédé à Paris le 16 août dernier. Il fut l’un des membres fondateurs de la SFPA, dont il a été didacticien jusqu’en 1993. Docteur en philosophie, il fit une thèse sur L’idée de Dieu dans la philosophie de Giordano Bruno. Professeur à l’École des Hautes Études en sciences sociales, il côtoya Fernand Braudel, Alphonse Dupront et Jacques Le Goff. Fin connaisseur de la pensée jungienne, il était particulièrement attentif dans les débats avec ses collègues à maintenir ce qu’il pensait être la droite ligne de la pensée du maître. Luigi n’aimait pas beaucoup les groupes mais il avait avec quelques intimes des relations chaleureuses et intenses, des échanges passionnés ; ses analysants gardent de lui le souvenir de sa grande présence, de son humanité et de sa rigueur. Il était attentif à la souffrance et ouvert au sens qui pouvait surgir du travail sur l’inconscient.

Disciple fidèle de Marie-Louise von Franz, il a toujours orienté sa réflexion sur la vie spirituelle et s’est montré soucieux de mettre en évidence les liens entre le psychisme individuel et le psychisme collectif. Il a publié Perspectives jungiennes qui nous apportent ses vues personnelles sur les grands thèmes jungiens. Dans Le Signe zodiacal du scorpion, il se demande en quoi le langage de l’astrologie peut nous apprendre quelque chose sur notre fonctionnement psychique. Il dit y avoir appris une expérience fondamentale de la vie : l’émergence d’énergies detructrices qui peuvent devenir créatrices et nous orienter vers une nouvelle réalité. Il a également écrit des articles importants pour les Cahiers. Je lui donnerai la parole pour finir : « On ne doit pas oublier que la vie est un temps court et précieux qui nous est donné pour agir, transformer, ouvrir la conscience et améliorer les choses du monde des vivants. »