Éditorial

par Dominique Guilbault  Du même auteur

      Laurent Meyer  Du même auteur

      Michèle Petit  Du même auteur

Manger l’animal totem, les instincts, manger les images. Ce que vous voyez d’abord sur l’écran vous intéresse, vous y faites attention, et cela pénètre votre être, vous êtes cela.
Regardez les images inconscientes et, petit à petit, vous les assimilez, puis elles vous attrapent et deviennent une part de vous-mêmes – en somme, un moment plein de sens.
Les images qui nous tiennent sont loin d’être indifférentes. On ne peut pas voir n’importe quoi [...], sans en être puni1.

Ces phrases ont été proposées, comme un futur, comme un appel à regarder des images et à mettre en forme et en mots leur écho. Aujourd’hui, au présent, elles se révèlent comme un véritable terreau de créativité.

Des personnalités aussi riches que différentes par leur sensibilité et les horizons qu’elles côtoient ont laissé germer des écrits à la fois tenus et sans retenue. Elles ont fait preuve d’une efflorescence de bâtisseur et d’un affranchissement qui paradoxalement restent fidèles à la dramaturgie introduite par Jung. L’on connaît le rôle que joue l’image dans la vie et l’œuvre de Jung, et son attachement constant pour mettre en images ses émotions. Ce Cahier fait état de l’emprise subreptice et de la vitalité et du rôle actif de l’image qui sont parfois laissés en jachère. Que les images proposées par les auteurs viennent du monde extérieur ou de l’inconscient, qu’ils aient choisi le moment pour s’y confronter où qu’elles les aient surpris, l’émotion que ces images ont provoquée chez eux se retrouve à chaque fois dans leur texte. On y verra également que les aspects et effets négatifs ne sont pas évités. Les auteurs ont pris ici le risque – et peut-être aussi saisi l’occasion offerte – de s’engager vraiment sur ce terrain qui passe par le travail de l’écriture.

S’il était encore besoin de s’en convaincre, on verra ici combien l’image devient féconde quand on peut tout à la fois se laisser saisir par elle et l’incorporer, la laisser agir et la laisser écrire – au besoin sur les murs de la caverne.

Alors, « sage comme une image » : vraiment ?