Psychologie du transfert – Extrait

par Carl Gustav Jung  Du même auteur

L’homologue psychologique est un sombre état de désorientation. La désagrégation des éléments signifie la dissociation et la dissolution de la conscience du moi, telle qu’elle existait jusque-là. L’analogie avec un état schizophrénique est évidente et doit être prise au sérieux, dans la mesure où c’est à ce moment-là, lorsque l’inconscient collectif, le non-moi psychique, vient à la conscience, que des psychoses latentes peuvent devenir aiguës. Cette période, souvent longue, de désintégration et en même temps de désorientation de la conscience, est parmi les passages les plus difficiles du traitement analytique et met parfois à rude épreuve la patience, le courage et la confiance en Dieu tant du médecin que du patient. Cette désintégration et cette désorientation constituent en effet un état d’agitation et de perte de direction où l’on se sent captif, un état véritablement sans âme où l’être est la proie d’affects et de phantasmes auto-érotiques. Un alchimiste dit à propos de cet état de ténèbres totales : « C’est là un grand arcane dans l’exploration duquel plusieurs ont péri. »

C.G. Jung, Psychologie du transfert,

traduit de l’allemand par Étienne Perrot

Paris, Albin Michel, 1980, p. 132