Cahiers jungiens de psychanalyse
n° 88 ~ 1997 : Lumières de la nature
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GUY-GILLET Geneviève : Éditorial : Lumières de la nature
Mots-Clefs : Alchimie
COLONNA Marie-Laure : L'attitude alchimique
Mots-Clefs : Alchimie, dipe, Psychanalyse
Il ne faut pas confondre la connaissance historique de l’alchimie avec l’application qu’on peut en faire sur le plan clinique, au risque de tomber dans une simplification abusive. Chaque grande culture a développé sa propre « attitude alchimique », compensatrice des dominantes de l’époque. Aujourd’hui, les psychanalyses, du moins lorsqu’elles reconnaissent l’existence de la réalité psychique objective, se situent dans une filiation alchimique qu’elles prolongent et approfondissent grâce aux outils conceptuels et à la différenciation du sentiment et de l’éthique propre à notre temps.
MAILLARD Christine : De la Nature à l'inconscient : Jung et le paracelsisme
Mots-Clefs : Alchimie, Inconscient, Paracelse T.
Se fondant notamment sur les Paracelsica de Jung, la présente étude examine les enjeux de l’intérêt constant voué par C. G. Jung à son compatriote, le médecin, philosophe et alchimiste Théophraste Paracelse (1493-1541), qui avait renouvelé de fond en comble l’alchimie occidentale. On cherche à mettre en évidence le fil conducteur qui mène de la notion paracelsienne de la nature à la théorie jungienne de l’inconscient. Les thèmes paracelsiens de la phénoménalité magique (théories des signatures, correspondances), des deux « lumières » comme sources de révélation (lumière de la nature et lumière de l’Esprit-Saint), de la fonction de l’homme comme chargé de parachever la création (en une Alchimia macrocosmi) sont mis en relation avec les concepts majeurs de l’œuvre de Jung, dont elles constituent des préfigurations historiques.
ESKINAZI Marie-Claire : La psychanalyse, une pratique alchimique
Mots-Clefs : Alchimie, Psychanalyse
Cet article reprend l’idée fondamentale de l’alchimie comme processus de transformation, en insistant sur l’aspect de « faire-être » de ce processus. Processus par lequel on naît à soi, que Jung nomme individuation. Les éléments alchimiques développés dans l’article sont explicités par des exemples pris dans la vie quotidienne et dans la clinique. Est d’abord considérée la materia prima, puis ce que les alchimistes appellent l’« art de la balance », pour finalement montrer en quoi la pratique analytique est une pratique alchimique.
SALZMANN Monique : Marion Milner ou l'alchimie au féminin
Mots-Clefs : Alchimie, Image, Masochisme, Milner M.
L’auteur présente la façon dont Marion Milner, dans ce qu’elle appelle une « expérimentation », comprend la fonction des images dans la découverte d’elle-même, et comment ce qu’elle appelle d’abord son masochisme est en réalité le désir de se soumettre au non-moi qui anime sa vie intérieure.
HILLMAN James : Le jaunissement de l'uvre
Mots-Clefs : Alchimie, Couleurs, Jaune
Dans cet article, l’auteur, s’appuyant sur des références alchimistes, montre comment les couleurs sont « inhérentes aux choses » et non des « qualités secondaires appartenant à notre vision subjective ». Il étudie, principalement, les caractères bénéfiques et maléfiques de la couleur jaune, le soufre des alchimistes, « principe actif de l’Œuvre et donc de la vie humaine », réflexions qu’il illustre avec un cas clinique.
CONESA Elisabeth, GUIBAULT Dominique : La nigredo
Mots-Clefs : Alchimie, Nigredo, Ombre
À partir de textes antérieurs aux écrits de Jung sur l’alchimie, les auteurs proposent, ici, une étude succincte des prémisses de l’ombre. Le processus de la confrontation avec l’ombre est ensuite mis en rapport avec la nigredo des alchimistes, étape obligée, et jamais terminée dans le processus d’individuation. De même que le retrait des projections est un travail contre nature de séparation-différenciation des opposés, dans lequel le moi perd sa puissance et se voit écartelé à l’extrême.
CACCIOLA Roberto : « La lumière qui brille dans les ténèbres. » Jung, le mal, l'alchimie
Mots-Clefs : Alchimie, Doute, Éthique, Mal, Morale
Le problème du mal se pose comme élément fondateur à l’origine de la vie et de l’œuvre de C. G. Jung. En analysant la vision jungienne du mal, l’article explicite la place et le sens de ce dernier au sein de la totalité (soi) et montre comment Jung puisa à l’intérieur de l’opus alchemicum sa conception que le salut ne peut être obtenu en supprimant le mal, mais en le transformant. Les implications de cette approche sur le plan éthique et thérapeutique ne sont ni simples ni univoques et elles amènent à valoriser la sagesse du doute plutôt que les certitudes de la morale.