Cahiers jungiens de psychanalyse

n° 76 ~ 1993 : Psyché / Soma, une expérience du soi

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GUY-GILLET Geneviève : Éditorial : Psyché / Soma, une expérience du soi

Mots-Clefs : Corps, Psychosomatique, Soi

NEUVECELLE Henri : La langue du psychanalyste

Mots-Clefs : Corps, Épistémologie, Psychosomatique, Subjectivité

Essayer de déterminer les frontières épistémologiques des différentes approches du corps : corps de la connaissance scientifique, corps manifeste, corps du langage inconscient ; conter l’histoire d’une analyse initiée par la souffrance du corps ; faire quelques pas sur les périlleux chemins de traverses interdisciplinaires : tel est le propos de cet article.

LYARD Denyse : Le soi-corps dans la relation archaïque

Mots-Clefs : Archétype, Bioénergie, Champ archétypique, Neumann E., Relation archaïque, Relation mère-enfant, Soi corps, Soi primaire, Soi relationnel

L’auteur décrit et commente une séance d’analyse cruciale qui se passe dans un temps et un lieu où les vécus corporels de l’analysante et de l’analyste sont primordiaux. Leur décryptage et les associations qui en découlent, permettent la déconstruction d’un complexe et la prise de conscience de ses chaînes associatives que le moi conscient peut désormais gérer. Dans une seconde partie théorique, l’auteur donne un aperçu de ses outils conceptuels empruntés à Erich Neumann. Les notions de soi-primaire, de soi-corps, de soi-relationnel, de champ archétypique sont particulièrement opérantes dans cet abord du premier avatar archétypique de la relation mère enfant qu’est la relation archaïque.

GUY-GILLET Geneviève : Il était une fois le soi

Mots-Clefs : Fantasmes corporels, Matrice psychosomatique, Psychosomatique, Soi, Soi corps, Soi relationnel

À travers les relations qui s’organisent entre les besoins instinctuels d’un sujet, ce qu’en éprouve son corps dans sa confrontation avec le milieu où il vit et les représentations psychiques qui organisent son histoire, se trame le destin d’une individuation. Le soi est l’organisateur central qui traverse ces divers champs relationnels. Le début de son parcours, dans tout humain, s’inscrit dans une matrice psychosomatique dont nous pouvons suivre l’évolution à travers les diverses manifestations somatiques et psychiques qui ponctuent son devenir. Quant à la souffrance des vécus non réalisés, quel que soit le versant sur lequel elle s’inscrit, elle est reçue, dans l’analyse, comme quête d’un sens à donner à cette souffrance.

GRIVET-SCHILLITO Marie-Laure : Le soi primaire. Contribution de Michael Fordham à l'étude du psychosoma

Mots-Clefs : Dé-intégration, Fordham M., Neumann E., Ré-intégration, Relation mère-enfant, Soi primaire

Cet article a pour but de présenter Michael Fordham aux lecteurs français et plus particulièrement ses thèses sur le soi primaire qui, comme son œuvre d’ailleurs, ne sont pas traduites dans notre langue. Il a semblé intéressant de montrer comment, à partir d’une intuition fondamentale de Jung, Fordham a développé un concept du soi dont il a repéré, et théorisé, la réalité chez l’enfant aussi bien que chez l’adulte, dans le corps aussi bien que dans l’imaginaire, dans les relations vécues aussi bien que dans les structures archétypiques, mais aussi dans son rôle défensif aussi bien que créateur.

ALLAIN-DUPRÉ Brigitte : Du côté des jeunes filles

Mots-Clefs : Animus, Corps, Féminité, Homosexualité féminine, Identité sexuelle, Inceste, Jeune-fille, Régression, Transfert

C’est à partir de l’expérience particulière du travail avec celles qu’on appelle « les jeunes filles », et de l’analyse de quelques-uns de leurs rêves, qu’une réflexion concernant la question du corps se développe. Elle se centre sur la problématique de l’identité sexuelle, en référence au vécu de la relation transférentielle. En effet, pour ces jeunes filles, cette période de l’individuation comporte des enjeux spécifiques dont l’étude apporte un éclairage particulier à l’étude des relations entre psyché et soma. Cette dimension est étudiée dans le couple d’opposés sommeil/inceste symbolique. La symptomatologie de l’hypersomnie pouvant renvoyer soit à l’impossibilité de vivre la régression dans sa dimension symbolique, soit à la mise en œuvre dans le corps d’une relance énergétique essentielle qui symbolise le lien mère/enfant de la dyade originelle.

DRAHON-GALLARD Martine : Du corps animé au corps sexué

Mots-Clefs : Anima, Animus, Corps sexué, Féminin, Masculin, Psychosomatique, Winnicott D.W.

Winnicott a su mieux que personne montrer la subtilité des échanges mère-nourrisson et la naissance de l’activité mentale et symbolique du bébé. Il a mis en lumière le lien intime « psyché-soma » et les perturbations que celui-ci peut subir. Il a su parler de la constitution bisexuelle de l’être humain polarisé entre « l’être » (spécifique du féminin) et le « faire » (spécifique du masculin). Ces positions de Winnicott permettent de mieux saisir les racines corporelles de « l’animation » que Jung, pour sa part, développera à travers les concepts d’animus et d’anima. Cet article montre, par un exemple clinique, le lien qui s’établit entre le vécu corporel et l’animation psychique lorsque se développe l’animus chez une femme.

AMSELEK Alain : Le mystère de la chair. Interrogations autour de notre « intime intimité »

Mots-Clefs : Bioénergie, Cadre analytique, Corps, Lacan J., Technique psychanalytique

Si Freud et Jung ont pu spatialiser (métaphoriquement) le corps psychique, n’est-il pas nécessaire d’y juxtaposer le « territoire » psychoïde des processus originaires, c’est-à-dire du corps-silence ? Les enjeux psychothérapeutiques sont là considérables car ils concernent la place même de la « chose corporelle » dans le concret de la pratique, le pouvoir de la « vacance », de l’affectivité et du mouvement face au pouvoir du langage et l’image, l’efficience du passage par l’acte et le sentir face à l’efficience de la représentation et de la parole. Toute une clinique, celle de l’intime intimité, de l’éprouver-soi, c’est-à-dire la clinique des fondements de l’être, la clinique du soi est là directement en question.

FROMAGET M. : Le tétramorphe chrétien comme mandala

Mots-Clefs : Àme, Christianisme, Corps, Esprit, Individuation, Mandala, Moyen-Age, Religion, Tétramorphe

Jung considérait le système symbolique formé par les Quatres Vivants contemplant le Christ comme un authentique mandala. La présente étude propose d’une part de montrer combien cette compréhension était aussi celle des Pères, des sermonnaires et des commentateurs du Moyen Âge et, d’autre part, de donner un premier aperçu sur le mouvement et les étapes de la réalisation de l’être, telle qu’elle est symbolisée par le Tétramorphe. Mais d’une même saisie du Tétramorphe comme mandala, peut-on déduire que la déification chrétienne et l’individuation jungienne renvoient en définitive à un processus unique ? Question délicate à laquelle cet essai désire apporter quelques éléments de réponse.

JUNG Carl Gustav : Le Zarathoustra de Nietzche. Notes du séminaire de 1934-1939. Huitième conférence, 13 mars 1935

Mots-Clefs : Conflit, Corps subtil, Épistémologie, Inconscient somatique, Nietzche F., Science, Séminaire de 1934-1939, Soi

Dans cette conférence, Jung répond à des questions concernant le concept de « corps subtil ». En se référant à la Gnose, au Nouveau Testament, au Yoga chinois, à l’Alchimie, et bien sûr à l’œuvre de Nietzsche, sujet de ce Séminaire, il dégage les acceptions traditionnelles de ce concept, et le rapproche de celui d’inconscient somatique. Ce rapprochement est accompagné d’une nette distinction épistémologique entre les limites de l’approche scientifique, la sienne, et l’approche gnostique.

SOLIÉ Pierre : Le critère psychophysiologique

Mots-Clefs : Bébé, Klein M., Psychosomatique

Dans cet extrait de Médecine psychosomatique et psychologie analytique l’auteur étudie les syndrome végétatifs du bébé ­ conversion psychosomatique d’une angoisse irreprésentable ­ sous l’éclairage des concepts développés par Mélanie Klein qu’il met en perspective avec les notions jungiennes d’archétype et de symbole.