Cahiers jungiens de psychanalyse
n° 74 ~ 1992 : Images et transformation
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GUY-GILLET Geneviève : Éditorial : Images et transformation
Mots-Clefs : Image, Transformation
MASSE Gilbert : L'esprit jungien
Mots-Clefs : Confrontation, Image, Individuation, Jungien, Moderne, Psychanalyse, Régression
Le monde moderne et technique a privilégié l’objet extérieur au détriment de l’objet intérieur. Un mouvement compensatoire de l’inconscient collectif en faveur de ce dernier a été l’une des origines du développement de la psychanalyse. Être jungien c’est avant tout s’inscrire dans ce mouvement sans unilatéralité. C’est aussi se confronter à l’inconscient dans une recherche de sens plutôt que de signification. Cette confrontation prend les formes d’un jeu à essais et erreurs, tant avec l’image (rêve, imagination active et intermédiaire) qu’au besoin avec la matière, support projectif permettant, dans certains cas, de palier à un défaut de verbalisation. Le travail par l’archétype est enfin situé, avec un rappel de ses risques, dans le cadre de l’individuation.
NEUVECELLE Henri : Comment peut-on lire Jung ?
Mots-Clefs : Jung C.G., Lecture de Jung, Symbole
L’auteur cherche à préciser les conditions d’une lecture distanciée de Jung : se gardant du rejet comme de la dévotion, différenciant les genres et les domaines explorés, ne se cachant pas les zones d’ombre, et se laissant porter par la richesse d’une vision où le symbole est central.
BOURREILLE Claude : Un symbole verbal
Mots-Clefs : Activité symbolique, Éthique, Fonction transcendante, Force créatrice, Opposés, Sens, Symbole verbal
Manifestation de la force créatrice, l’activité symbolique a pour fonction de relier les opposés mis en tension afin de les différencier en en faisant émerger le sens. Les contenus ainsi dégagés peuvent prendre la forme d’expressions verbales présentant les caractéristiques essentielles du symbole, à savoir la capacité à s’organiser en structures significatives. Après avoir donné un exemple de décryptage d’un tel symbole verbal, l’auteur remonte aux conditions du dévoilement du sens de l’activité symbolique. Celle-ci fait appel à la « fonction transcendante ».
GUY-GILLET Geneviève : L'image
Mots-Clefs : Affect, Affect, Corps, Image, Instinct
Qu’est-ce qu’une image pour un jungien ? Jung dit qu’elle est autant une représentation qu’un comportement. Et parce qu’elle articule le passage entre les instincts et le psychique, c’est le corps qui en assure l’ancrage. Les affects, qui qualifient la relation du sujet au monde, deviennent les nécessaires supports de l’évaluation de valeur qu’en fera le moi. Des images primordiales, qui sont les formes des archétypes, aux représentations de l’inconscient personnel, l’image accompagne tout devenir conscient.
TARANTINI Lidia : Le Quelconque
Mots-Clefs : Attachement à la mère, Contre-transfert, Corps, Jeu, Jeu de sable, Langage, Névrose obsessionnelle
L’auteur décrit, à partir d’un cas clinique de névrose obsessionnelle, comment la difficulté d’inscription corporelle et sensorielle du patient, pris dans un rapport préverbal et fusionnel avec la mère, ne lui permet pas de sortir d’une approche distanciée de sa propre histoire et l’amène à se présenter et se vivre comme un homme quelconque. C’est à partir de l’analyse de son contre-transfert que l’analyste donne corps à la psyché du patient, ce qui lui permettra d’entrer enfin dans sa propre subjectivité en utilisant la richesse imaginative du jeu de sable.
GARZONIO Marco : Origines et développement du jeu de sable
Mots-Clefs : Enfant, Jeu de sable, Kalff D.
L’auteur nous présente l’itinéraire de Dora Kalff (1904-1989) qui est à l’origine de la création et du développement de la technique du jeu de sable. Celui-ci constitue une expression et un développement de la psychologie analytique de Jung et est un outil précieux dans les thérapies d’enfant, mais qui peut aussi être utilisé dans les thérapies d’adultes.
GOUDOT Marie : Surimpressions d'enfance
Texte littéraire
AGNEL Aimé : Soi, fantasme et mythe
Mots-Clefs : Bordeline, Fantasme, Mythe, Mythe de la double naissance, Roman familial, Soi
En interprétant les rêves de fin d’analyse d’une de ses patientes, Jung parvient à différencier les fantasmes subjectifs exprimant des désirs infantiles des archétypes impersonnels orientés vers un but. En opposant de même le fantasme du roman familial au mythe de la double naissance, l’auteur décrit deux processus psychiques : l’un, qui conduit le moi comme dans le cas de la patiente de Jung à s’ouvrir aux exigences du soi inconscient, l’autre, caractéristique des états borderline, qui tend à mettre en relation les valeurs « hautes » du soi qui ont fixé le sujet dans une position défensive d’enfant divin avec le monde profane, les ombres et les limites du moi-corps.
JULLIEN-PALLETIER Viviane : Spécificité jungienne et féminité
Mots-Clefs : Animus, Féminin, Imagos parentales, Masculin, Soi
Le processus d’individuation fait passer le psychisme par des déstabilisations successives. Pour compenser ce mouvement, l’inconscient met en jeu un processus de centration : le soi. L’intégration des potentialités de l’animus au conscient provoque des menaces d’inflation du moi. En contrepartie, le soi développe une centration compensatrice sur la mystique et le religieux, ou bien sur l’attrait de la sexualité. L’animus vient, après les avoir éveillées, s’allier ou s’opposer aux représentations masculines de l’imago paternelle, et s’allier ou se faire phagocyter par le masculin du complexe maternel.
HUMBERT Elie G. : C.G. Jung : la double perspective
Mots-Clefs : Causalité, Épistémologie, Finalité, Psychose, Rêve
Dans cet extrait d’une de ses conférences, Élie Humbert souligne que, pour Jung, il s’agit de considérer le psychisme en tenant ensemble les deux perspectives apparemment opposées : celle tournée vers le passé, les origines, et celle tournée vers la finalité. Il le montre en particulier dans le domaine du rêve et dans celui de la psychose.