Cahiers jungiens de psychanalyse
n° 60 ~ 1989 : Complexes
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MASSE Gilbert : Le développement de la notion de complexe
Mots-Clefs : Complexes, Histoire de la psychanalyse, Parapsychologie
Après un bref historique de la notion de complexe depuis Aristote jusqu’à Freud et Breuer, sans oublier Janet, l’auteur en arrive aux années 1900 à 1909 du Burghölzli, durant lesquelles Jung a pratiqué ses expériences sur les associations d’idées parallèlement à ses recherches sur les phénomènes occultes. Rapprocher ceci des incertitudes du contexte intérieur de Jung, en même temps que de celles, extérieures celles-là, de la médecine d’alors, notamment dans le domaine de la psychiatrie, permet de réaliser à quel point ces recherches ont été la base de toute l’œuvre de Jung, et aussi comment les complexes tels que décrits au début de sa carrière restent, sous des noms différents, d’anima, animus etc., les principaux acteurs du psychisme dans les descriptions ultérieures de Jung. Sa conception de l’énergétique elle-même y trouve ses racines.
AGNEL Aimé : Introduction phénoménologique à la théorie jungienne des complexe
Mots-Clefs : Complexes, Épistémologie, Husserl E., Jung C.G., Phénoménologie
L’auteur compare la réduction phénoménologique et son ascèse au dénouement de la « participation mystique » par le retrait des projections. Il note de nombreuses correspondances entre les conceptions philosophiques de Husserl et celles, psychologiques, de Jung : valeur accordée à l’intersubjectivité, au vécu perceptif, critique de l’objectivisme naturaliste… La théorisation jungienne des complexes, qui met l’accent sur leur autonomie et fait apparaître leur dissociabilité, est donnée comme modèle de l’attitude phénoménologique de Jung : ce sont les effets des complexes qui sont étudiés et la compréhension du phénomène est étroitement dépendante de la relation intersubjective.
GUY-GILLET Geneviève : Point de vue divers sur les origines du complexe-mère
Mots-Clefs : Complexe mère, Complexes, Lacan J., Manque, Moi, Opposés, Structure familiale
Le complexe-mère se forme à travers des expériences de plénitude et des expériences de manque qui débutent avec la vie de l’enfant. Le complexe-moi y structure ses fondements. Dans cet article l’auteur examine les traces précoces que le complexe-mère laisse dans le corps comme dans les comportements et les vécus relationnels, ainsi que les recours dont dispose un individu pour pallier aux défauts de sa structuration. Une étude des complexes familiaux, vus par Lacan, et la conception jungienne des complexes sert de base de discussion autour de la fonction du manque et de la dynamique des opposés.
SALZMANN Monique : Le complexe-Mère chez un homme : essais de théorisation à partir de la vie et de l'oeuvre d'A. Giacometti
Mots-Clefs : Archétype, Art, Complexe mère, Complexes, Giacometti A., Sculpture
En s’appuyant sur l’expérience de la mère qu’a faite Giacometti et sur son œuvre, ce texte tente de répondre à la question de Jung : Comment un complexe-mère se comporte-t-il chez un enfant et chez un adulte ? Sont abordées ici, dans le rapport que Giacometti entretenait avec son corps, avec les femmes et avec son œuvre : la mise en place du complexe et les « manœuvres du soi » pour réaliser une union des opposés entre les deux parties clivées de l’archétype de la mère. Les minuscules figurines qui précédèrent la création de ses œuvres les plus célèbres semblent bien représenter ce que Jung appelle un « symbole vivant ». Elles ont permis l’émergence de cet aspect infiniment fragile de la femme que Giacometti, dans la dernière partie de son œuvre, a cherché à protéger contre le pôle destructeur de l’archétype de la mère.