Cahiers jungiens de psychanalyse

n° 51 ~ 1986 : L'angoisse

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SOLIÉ Pierre : Angoisse de finitude - Angoisse d'infinitude - L'objet fétiche

Mots-Clefs : Angoisse, Angoisse d'infinitude, Angoisse de finitude, Objet fétiche

À partir du rêve d’angine d’une patiente, et d’une expérience de passage de l’angoisse de mort à la mort-trépas, l’auteur tente de faire ressortir les modalités du resserrement de l’être par rapport au non-être des béances du corps. Il décrit également les quatre points cardinaux de l’hystérie d’angoisse et le rôle du langage comme bouche-trou de l’angoisse de finitude et d’infinitude. Trouver son mythe, c’est découvrir les objets-fétiches qui le fondent, et les affronter face à face. À travers l’imaginaire, l’imaginal et le symbolique, c’est tout le parcours de l’individuation que nul ne fait s’il n’y est contraint.

WIART-TEBOUL Hélène : L'angoisse de « l'être psychotique »

Mots-Clefs : Angoisse, Angoisse psychotique, Délire, Inflation, Pouvoir, Psychose, Savoir, Vouloir

Les productions délirantes sont une tentative de guérison : elles émergent dans les failles de la représentation. « Vouloir », « savoir » et « pouvoir » règlent les relations intra et intersubjectives. ­ Le vouloir : des programmes hérités s’éveillent dans les premières relations au monde et produisent les images de l’inconscient collectif. Elles seront négociées avec le réel. ­ Le savoir : les conflits structuraux permettent l’élaboration des relations extensives. D’un autre côté, le désir, affleurement du Projet, est dépendant de la maturation pulsionnelle. ­ Le pouvoir : la perte d’âme est une clinique de l’état dépressif : il est des âges de fracture (adolescence) et des événements extérieurs (deuils amoureux) où l’angoisse déborde les défenses du sujet. Le moi utilise plusieurs modes de mise à distance de l’angoisse essentielle.

LETERRIER Monique : Névrose familiale d'angoisse

Mots-Clefs : Angoisse, Névrose familiale

À travers l’histoire de cinq générations d’une famille, l’auteur montre la répétition d’une névrose d’angoisse et tente d’en rechercher l’origine. Une relation maternelle archaïque défectueuse, une situation de « plongée dans le monde extérieur » ravivant la séparation d’avec la mère, un animus maternel négatif, agressif ou non protecteur, paraissent en être les facteurs communs. Cependant, l’auteur souligne que, si l’angoisse est commune à tous les êtres humains, tous ne sont pas en situation identique face à elle.

FOURNIOL Lise : Angoisse et cancer

Mots-Clefs : Angoisse, Cancer, Psychosomatique

Le cancer suscite une angoisse d’autant plus grande qu’il fait prendre conscience de tout ce qui n’a pas été vécu ; mais la clinique laisse penser aussi que l’angoisse favorise, si ce n’est déclenche, le cancer, prolifération de cellules, signe d’une énergie qui n’a pu s’écouler autrement. Le conflit, s’il n’a pas été symbolisé, bloque au niveau du corps la tension énergétique qui devient alors agressive vis-à-vis du sujet lui-même. Plusieurs rêves illustrent la façon dont l’énergie peut s’écouler et une transformation se réaliser.

BOKOR A. : Le sujet au carrefour des énergies

Mots-Clefs : Conjonction, Différenciation, Énergétique psychique, Énergie, Individuation, Lien, Séparation

Plutôt que de pulsions de vie et de mort, il s’agit ici d’énergies de séparation et de lien, antagonistes et complémentaires. Une référence à Mélanie Klein précise comment elles se mettent en place dans le psychisme, dans deux mouvements centripète et centrifuge, et entre deux terreurs d’engloutissement et d’éclatement. Dans le quotidien de nos vies, l’énergie de différence appelle la puissance, celle de lien appelle la jouissance, deux mouvements contradictoires qui entraînent compromis ou sacrifice, et introduisent dans le psychisme une zone vulnérable d’angoisse et de vide, mais aussi de choix et de création.