Cahiers jungiens de psychanalyse
n° 45 ~ 1985 : Créativité et archétypes
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HERAUD Lucile : Désir et archétype
Mots-Clefs : Archétype, Créativité, Désir, Soi
La notion de désir, dont le statut et l’utilisation dans les cures freudienne et lacanienne sont bien définis, est moins explicite dans l’œuvre de Jung dont pourtant elle sous-tend parfois la pratique. Le passage de l’état de « pathologique » à l’état de « guérison » ne peut se définir sans l’arrière-plan d’un projet pour l’homme. Pour Freud et Lacan, il correspond à l’avènement du désir, tandis que pour Jung il s’agit de l’avènement du soi. Pour les premiers, il se dit en terme « d’avoir » (combler le manque), pour le second il s’agit du désir « d’être ». Dans ce cas aussi, mais d’une autre façon, la visée thérapeutique est de réapprendre à désirer. Des exemples cliniques illustrent le propos.
FROMAGET M. : La cure de Mbumba-Yiyano chez les Myéné du Gabon et la rencontre avec l'anima-animus suivant C.G.Jung
Mots-Clefs : Anima, Animus, Archétype, Créativité, Ethnologie, Gabon, Jung C.G., Mbumba-Yiyano, Myéné
Les cultes thérapeutiques de certaines ethnies du Gabon, de langue Myéné, présentent de nombreuses similitudes avec la démarche jungienne de confrontation avec les figures de l’inconscient collectif, notamment l’anima/animus, instance psychique, archétypique, sexuée, douée d’autonomie et chargée d’un dynamisme propre. L’auteur relate le déroulement de cette « cure » qu’il met brièvement en relation avec la phase, dans l’analyse jungienne, de confrontation avec l’anima/animus. Des différences sont cependant notées, en particulier la notion de projection, et le fait qu’après la « guérison », l’anima/animus ne subsiste plus comme tel mais devient une des facultés du moi dans lequel il se fond.
GUY-GILLET Geneviève : Genèse de l'oeuvre
Mots-Clefs : Archétype, Créativité, Jung C.G., Père, Scène primitive
Les deux temps forts que l’on peut saisir dans le processus énergétique où l’œuvre de Jung a pris naissance, et tel qu’il apparaît dans Ma vie, sont marqués par deux rêves qui encadrent la vie de Jung : le « rêve du Phallus » et le « rêve d’Urie ». De l’analyse du premier, l’auteur dégage les inconscientes présences qui président à la destinée de l’œuvre et par lesquelles Jung vas à la rencontre des origines, non de l’homme, mais de ce qui le fait homme. Le second rêve, soixante ans plus tard, met en scène une figure du père, « guérie » par le parcours du fils, et émergeant dans la plus haute affirmation de sa fonction paternelle, permettant au fils d’y mesurer son ombre et parachevant le parcours temporel des figures de la scène primitive.
MARC Olivier : Archétype et transfert; réponse à Marion Milner
Mots-Clefs : Archétype, Créativité, Milner M., Transfert
Conceptualisation de la sensation d’une préexistence en l’individu de ses développements ultérieurs, autant que d’une préexistence du monde qui l’entoure, l’archétype donne à l’homme sa dimension créative. Potentialité sans forme, il permet la relation symbolique et la reconnaissance du monde. Il permet aussi de former couple avec le monde, le besoin étant une conséquence de l’archétype, lui-même ancré aux confins du psychisme et du corporel. Un exemple clinique illustre la difficulté d’abandonner le faux self, de se relier à l’autre (analyste) pour pouvoir intégrer une imago maternelle satisfaisante si toutefois l’analyste est lui-même assez « réellement » présent.
DRAHON-GALLARD Martine : L'idée d'archétype ou « de la scène primitive impensable »
Mots-Clefs : Archétype, Créativité, Libido, Scène primitive
La libido selon Jung prend deux formes différentes : celle de la réalisation des besoins de l’espèce à travers la sexualité, et celle qui prend des détours producteurs de culture. La théorie des archétypes rend compte de cette deuxième forme et ouvre la perspective de la finalité des représentations de l’inconscient. La deuxième énigme du sphinx se réfère à un niveau de symbolisation cosmique : le jour engendre la nuit et vice versa. Ce niveau collectif de l’inconscient est antérieur au fantasme de scène primitive ; il est spécialement animé quand le niveau de l’histoire personnelle a été défaillant. C’est cet aspect que Jung développe particulièrement.
AGNEL Aimé : Théodore Flournoy : « Des Indes à la planète Mars »
Mots-Clefs : Flournoy T., Imaginaire, Parapsychologie, Rêve, Subjectivité
La lecture du livre Des Indes à la planète Mars (paru en 1900, réédité en 1984), dans lequel Théodore Flournoy analyse les productions « subliminales » d’une médium, fait apparaître entre les conceptions du psychiatre genevois et celles de Jung une étroite et indéniable parenté : même méthode descriptive, même importance accordée à la subjectivité, à l’imagination créatrice et aux potentialités des rêves, même ouverture d’esprit qui permet l’exploration rigoureuse de domaines habituellement rejetés par la science.