Cahiers jungiens de psychanalyse
n° 8 ~ 1976 : La dépression
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GUY-GILLET Geneviève : A propos du loup : l'image et son rôle
Mots-Clefs : Dépression, Devenir, Énergétique psychique, Enfant, Image, Inceste, Jung C.G., Loup, Processus d'hominisation, Sens
Étude théorique sur le rôle de l’image à partir du travail sur le loup (Cahier n° 7), cet article prend appui sur la compréhension jungienne du rôle de l’image dans son double aspect de représentation et de schème organisateur du psychisme. Se référant aux travaux de Jean Piaget et de Jacques Lacan, Geneviève Guy-Gillet retrace les étapes de la constitution des représentations chez l’enfant, à commencer par celle, progressive, de l’image du corps. Elle aborde la fonction du mythe et insiste sur les capacités qu’a l’image d’organiser et de transformer l’énergie psychique. Apte à promouvoir de nouvelles formes lorsque les voies anciennes ne peuvent plus être utilisées, notamment en ce qui concerne l’inceste, l’image a un rôle créateur actif dans le processus d’hominisation.
LYARD Denyse : La dépression (définition)
Mots-Clefs : Dépression
Définition préparée par le Groupe d’étude du Vocabulaire de C. G. Jung pour le Dictionnaire des Psychothérapies (éditions Fayard).
ROGE E. : Dépression et psychologie analytique
Mots-Clefs : Abraham C., Conflit pré-dipien, Dépression, Espace, Freud S., Introjection, Klein M., Libido, Manie, Mélancolie, Mère, Obsession, Phobie, Psychologie Analytique, Psychose mélancolique, Temps
L’éclairage particulier qu’apporte l’œuvre de Jung à la dépression tient à sa conception de la libido comme énergie libre de s’investir là où elle l’entend. Celle-ci permet une description du champ dépressif comme étant la prérogative de la dimension extravertie, ainsi qu’un dégagement des deux pôles qui organisent le schéma générateur de la dépression : l’espace (angoisse liée à la séparation d’avec la mère) et le temps (négation du temps individuel au profit du temps du père vécu comme sidérant). Ainsi, l’indécision qui résulte de l’incessant renvoi de l’un à l’autre pôle (conflit préœdipien) apparaît-elle comme le maître-symptôme de la dépression.
TEBOUL-WIART Hélène : Le désenchantement
Mots-Clefs : Adolescence, Bisexualité de la mère, Dépression, Désenchantement, Fusion, Mère, Père, Pulsion, Sentiment, Sentiment amoureux
Le désenchantement se définit comme une fuite en avant d’où la vie s’absente et le temps, suspendu, n’est plus porteur d’un devenir. Il survient lorsqu’un cycle de dépendance nécessaire s’éternise, installant un « empêchement de la pente à être ». La mise en place de nos structures se fait essentiellement autour de trois moments où ont lieu des relations nouées sur le mode magique : le premier enchantement mère/enfant détermine l’acquisition d’un corps unifié et d’un langage. Le second charme, tissé par le père, contient la montée pulsionnelle de l’adolescent et appuie celui-ci dans son engagement social tout en légitimant sa particularité individuelle. Devenus hommes et femmes, nous accédons à un troisième cercle qui entrelace les projections des inconscients dans la rencontre amoureuse.
SOLIÉ Pierre : Pulsion de mort
Mots-Clefs : Dépression, Eros, Freud S., Jung C.G., Klein M., Masochisme originaire, Mélancolie, Névrose obsessionnelle, Position dépressive, Pulsion de mort, Pulsion de vie, Thanatos
À partir des articles de Freud « Au-delà du principe de plaisir » (1920) et « Deuil et mélancolie » (1915), l’auteur définit la pulsion de mort. Il en suit le parcours et l’analyse à l’œuvre dans la mélancolie et les névroses obsessionnelles, pathologies où se manifeste la plus grande désunion de la pulsion de mort et de l’Éros. Le « cas Sade » vient illustrer le masochisme originaire comme première manifestation de la pulsion de mort. Puis, examinant le clivage kleinien en bon et mauvais objets, il dégage le moteur de la position dépressive et l’éclaire à la lumière de textes de Jung sur l’inceste, le détachement par rapport à la mère et le cycle mort-renaissance.
MARC Olivier : Dépression et créativité
Mots-Clefs : Créativité, Dépression, Eckhart J., Espace intérieur, Klein M., Winnicott D.W.
L’auteur considère l’apparition de la psychanalyse comme la réponse à un besoin de reconquête d’un espace intérieur. Dans cette perspective, la dépression s’inscrit comme une tentative des pulsions créatrices de l’individu, étouffées par la civilisation, de se faire entendre. Faisant allusion aux travaux de Donald W. Winnicott et de Mélanie Klein, il définit la notion de créativité et analyse le processus à travers lequel, chez le nourrisson dépossédé du contenu maternel, le vide intérieur se mue en espace intérieur. La dépression qui mène le sujet en psychanalyse correspond à un processus similaire ; c’est pourquoi l’espace analytique se doit de créer les conditions propices à cette mort-renaissance.
HUMBERT Elie G. : Reflexion sur la dépression
Mots-Clefs : Anima, Animus, Dépression, Dissociation, Division, Identification, Négativité, Nigredo, Nuit, Ombre, Organisateurs inconscients, Persona, Phénoménologie
Élie Humbert envisage le phénomène dépressif comme un déplacement des tensions, et la connaissance des dynamiques inconscientes via l’image comme l’unique moyen de l’appréhender. Du point de vue phénoménologique, la dépression se résume à trois séries de distensions : sujet/objet, conscient/inconscient, composantes inconscientes entre elles. Elle s’exprime suivant le jeu de deux représentations corrélatives : celle de la division et celle de la négativité. Le conscient vit un retrait de l’énergie et un état de dissociation extérieure et intérieure, conditions d’apparition de composantes psychiques demeurées inconscientes. L’auteur rend à la dépression sa dimension existentielle ; moment de vérité où l’être, dépouillé de la suffisance du conscient, entrevoit la possibilité de vivre à la fois la révélation de l’envers des choses et l’éveil de l’amour.